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Le 11 novembre 2019, un séisme de magnitude 5,4 détruisait plusieurs secteurs de la commune de Le Teil en Ardèche. Aujourd’hui l’heure est à la reconstruction. Près de deux mois après le tremblement de terre, les traces de la secousse tellurique son toujours visibles. Exemple au quartier de Melas.

« On ne peut plus travailler », observe Stéphane Bertoni, artisan boulanger. Les murs de son commerce son fissurés. Le tremblement de terre a été suivi d’une réplique deux jours plus tard. Sans conséquence notable cette fois-ci. Placée en état de catastrophe naturelle, la commune de Le Teil panse ses plaies.

Deux églises malmenées

Des centaines d’arrêtés de péril émis par la mairie interdisent l’accès aux habitations et dans les édifices menacés d’effondrement. « On a deux églises qui sont très endommagées, explique le maire de Le Teil, Olivier Pévérelli. L’une a déjà fait l’objet de travaux de confortement et sur l’autre, on a fait descendre une partie du clocher ». Des étais ont été placés tout autour du bâtiment qui menace de s’effondrer.

L’escalier de la mairie

A l’hôtel de ville, l’escalier qui mène au cabinet du maire, situé au premier étage, n’a pas non plus été épargné. Des appuis ont été réalisés pour éviter que l’ouvrage fragilisé par le tremblement de terre, ne s’affaisse. « Nous avons fait des travaux d’urgences, explique le maire, pour continuer à travailler et à accueillir la population ». Des habitants qui font preuve de résilience face à la gravité des évènements. Pour le premier magistrat de la commune la priorité reste le relogement des 1300 sinistrés aujourd’hui sans toit.

Un vent de solidarité

A la demande de la mairie, trois associations caritatives, Arc-en-Ciel, émanation du Secours catholique, la Croix Rouge et le Secours populaire travaillent ensemble pour répondre aux besoins des sinistrés. « On fait jouer tous les leviers de solidarité pour que tout le monde puisse mieux accepter ce qui s’est passé au Teil parce que c’est vraiment très grave », observe le président de l’antenne locale du Secours populaire Patrick Hérault. Un vent de solidarité a également soufflé à l’école du Centre, en faveur des familles qui ont été touchées par le séisme. L’établissement scolaire a redistribué des vêtement neufs offerts par des enseignes commerciales de Montélimar, Décathlon et Orchestra de Montélimar. « Il y a des bonnets, des écharpes, des blousons, des polaires, des grenouillères pour les bébés, des gigoteuses », déclare la directrice de l’école, Karine Kentaoui. Certains bénévoles proposent leur savoir-faire pour réparer ou mettre aux normes de vieux appareils ménagers qui sont ensuite donnés aux sinistrés. « Là par exemple on a un réfrigérateur qui date, explique Didier Laussel, bénévole. On contrôle que le châssis soit bien à terre, on vérifie tout pour qu’il n’y ait pas de court-circuit. »

Témoignages

« Moi sur le coup j’avais pensé que c’est un crash d’avion », relate Stéphane le boulanger. En fait, c’est la maison du voisin qui s’écroulait. Bénévole au Secours populaire, Hocine Bioud y va lui aussi de son témoignage : « Quand ça s’est passé j’étais dans un champ en face de ma maison. Mon épouse se trouve dans l’habitation. J’ai ressenti comme une explosion. C’était comme si la terre voulait sortir ! » « Ça a duré moins de sept secondes mais on a eu très peur, tout le monde est sorti », ajoute le boulanger Stéphane Bertoni.

En attendant les assurances

De nombreux sinistrés attendent toujours le passage des experts. Sur cette commune de 8500 habitants, la secousse a causé d’importants dégâts. Maïté est propriétaire de sa maison. Celle-ci demeure habitable malgré quelques fissures:
« J’ai appelé mon assurance mais ils sont tellement débordés qu’ils ne sont pas venus voir. » De son côté, le maire Olivier Pévérelli dit comprendre l’impatience de ses administrés. « Il faut une prise de conscience des compagnies d’assurances car la situation est très difficile pour les 1300 personnes qui n’ont plus de logement. Il faut qu’ils accélèrent leur prise en charge, leurs visites et leurs diagnostics ».
Le tremblement de terre a également fortement impacté l’activité commerciale. Exemple dans ce supermarché. Evelyne Gobel est le chef de ce magasin d’enseigne : « Les conséquences du séisme sont catastrophiques. On a perdu beaucoup de notre clientèle. De nombreux habitants ont quitté la ville. Plus personne ne peut se garer sur la rue à double sens. C’est assez compliqué. »

Des écoliers scolarisés ailleurs

Le tremblement de terre du 11 novembre n’a pas été sans conséquence pour l’école du Centre. « Certaines familles ont été délogées suite au séisme, explique la directrice. Elles ont perdu leur logement. On a donc environ vingt-cinq élèves qui nous ont quitté pour intégrer de nouvelles écoles ailleurs ».

Cellule psychologique

La secousse tellurique a également entraîné la fermeture des deux lycées de la ville. Il y a des travaux importants à faire, souligne le maire Olivier Pévérelli. Idem pour deux écoles publiques. Le collège et deux écoles privées ont également été fermés.
A l’école du centre, « il y a tout un accompagnement psychologique qui a été mis en place via l’inspection académique, ajoute Karine Kentaoui. Nous avons eu des médecins, des psychologues et des infirmières venus assister les écoliers et les personnels scolaires de façon à ce qu’ils puissent lâcher leurs émotions ».
Au Teil, on ne présente plus la Compagnie de Théâtre Les Pièces Montées. L’association a perdu son local suite au tremblement de terre. Aujourd’hui, elle lance une initiative pour collecter des fonds et venir en aide aux sinistrés. On a décidé d’organiser le vendredi 6 mars, une soirée sketchs au profit des sinistrés.

La rédaction

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